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Homélie du père Lochet du dimanche 6 juin 2021: fête du corps et du sang du Christ

 Fête du Corps et du sang du Christ

6 juin 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 14, 12-16.22-26)

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »

Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Le besoin le plus fondamental de l’homme est le repas. Pas seulement de se nourrir, mais de partager avec d’autres ce double aspect de la satisfaction du corps et de l’esprit. Être à table c’est à la fois le lieu du quotidien et de l’exceptionnel, de la fête. Jésus nous invite à son repas. Tous les dimanches nous sommes attendus. Ce besoin du repas marque la Bible dès le début, Abraham donne un repas aux visiteurs inconnus et Moïse fera du repas de Pâques la commémoration de la libération de l’esclavage d’Egypte. Ce passage de la mer Rouge se célèbre dans le repas pascal. 

Jésus envoie ses disciples préparer sa pâque, son passage, il va être arrêté juste à la fin de ce dernier souper, la Cène. Le signe de reconnaissance que Jésus donne aux apôtres est un homme portant une cruche d’eau. Cela n’existe pas ! Les hommes ne portent pas de cruche d’eau, c’est un travail qu’ils ne font pas. Quel sens à ce porteur d’eau ? Il indique le changement profond de la première place du service et l’entrée dans la maison par le Baptême. Être membre du corps du Christ par le Baptême et entrer dans le service des frères, c’est cela qui détermine l’entrée dans la maison de Dieu. On ne sacrifie plus d’animaux, on n’y offre rien de particulier, si ce n’est ces éléments simples du quotidien de l’époque : le pain et le vin.

Celui qui s’offre, c’est Jésus. Il se donne à nous, il devient nourriture pour nous transformer de l’intérieur, il vient au plus intime de nous-mêmes. Nous rassasier, nous rendre fort et nous faire entrer dans son royaume. Nous avons ainsi à le laisser régner dans nos vies.

Oui nous sommes indignes de le recevoir, mais il se donne à nous et nous en avons tant besoin, comme nous le dirons tout à l’heure. 

Le pain devient son Corps et le vin son Sang, c’est à dire que nous le recevons en plénitude. Être catholique qu’est-ce que c’est ? C’est être baptisé et aller à la messe. On parle aujourd’hui de baptisés-absents, c’est un oxymore. Ils nous manquent, ceux qui ne sont pas là et le mot communion exprime cette nécessité d’être ensemble, car communier, communion viennent de communauté. Ce lien entre le Corps du Christ que nous formons ensemble et celui que nous recevons est au cœur de notre foi. 

Nous sommes le Corps du Christ et nous le recevons. Cette joie d’être du Christ nous avons à la partager. Hier trois petits enfants faisaient leur première communion et je leur ai demandé quel moment de la Messe préférez-vous ? Ils m’ont dit, la fin parce qu’on peut aller dire aux autres la Bonne Nouvelle. C’est le sens même du mot Messe qui est cette respiration de la semaine pour vivre du Christ tout le temps.  Vivre du don de Dieu avec nos frères et le partager pour que toute notre vie ait le goût du Christ.

Bonne fête à nous qui devenons celui que nous recevons.


La Trinité

 La Trinité


Dire qui est Dieu n’est pas facile. Il est vrai aussi que nous avons souvent du mal à dire qui nous sommes, ce que nous aimons, ce que nous voulons… alors dire Dieu ! L’énoncer comme trois personnes ne convient pas, car on ne fait pas de l’arithmétique, Dieu n’est pas une addition. On peut dire qu’il est tellement grand qu’il ne peut pas tenir en une personne et nous qui avons, parfois, tant de mal à être unifiés, il serait un et multiple, ça ne va pas non plus. Alors on pourrait dire parce qu’il y a le Père et le Fils, il est famille ? L’Esprit viendrait aérer le face à face Père-Fils, l’empêcher de tourner sur lui-même ! Toutes les définitions ou les regards qui cherchent à faire fonctionner la Trinité ne nous aident pas beaucoup.

Dieu est mystère, non pas au sens du bizarre ou de l’incompréhensible, mais de celui que nous n’avons jamais fini de comprendre. Il est donc nécessaire de chercher, en sachant que nous ne pourrons que nous approcher, nous ne comprendrons jamais totalement, nous aurons toujours une part qui nous échappe. Pour mieux appréhender la Trinité, peut-être faut-il regarder ses effets. Or Dieu, dans le Père, le Fils et l’Esprit Saint est d’abord relation. Le Fils prie le Père dans l’Esprit. Il nous envoie l’Esprit Saint pour que ses Paroles nous habitent et il a tout appris du Père. Jésus est le médiateur, celui qui nous ouvre l’accès au Père, il est Dieu devenu homme pour nous rejoindre dans notre condition. Il a marché sur nos routes et partagé notre quotidien jusque dans la trahison et la croix.

La Trinité est relation, cela veut dire que Dieu est dialogue en lui-même et il nous invite à entrer dans cet échange, non pas pour discutailler de manière stérile mais pour exister. Être reconnu, c’est tellement important pour chacun. Être une personne que l’on écoute et qui compte, tant de nos contemporains pensent qu’ils ne sont rien. Il ne s’agit pas seulement d’avoir une place ou des biens matériels mais d’exister, d’être écouté et aimé, c’est cela être reconnu. La Trinité c’est justement Dieu qui se fait accessible parce que le Christ nous parle, l’Esprit nous inspire et le Père nous aime.

Au moment où tant de personnes ont conscience de n’être que des pions dans des rouages de pouvoirs, de finances et d’intérêts au service de quelques-uns, le sentiment de ne pas compter conduit à la révolte. Comprendre le monde complexe dans lequel nous vivons, réclame beaucoup de connaissances et de recul, sans parvenir à une vision satisfaisante. Dieu en sa Trinité vient d’abord nous rencontrer et nous être présent. Le mode ordinaire de contact que Dieu établit avec chacun est l’amour qu’il nous porte gratuitement et sans mesure.



La relation est un dynamisme, cela nous entraîne, c’est le contraire de rester enterré au même endroit, comme l’amitié, cela nous fait bouger. Dieu est mouvement, on est tenté de dire qu’il est énergie. Cet élan vital construit, établit, pousse à rencontrer, décider, faire des choses et s’engager, même modestement.

Une des leçons principales du long confinement qui se termine, réside dans la joie de retrouver ceux que nous aimons et tous les autres. Ce bonheur ensemble ne s’explique pas, il ne dépend de rien si ce n’est d’être ensemble. C’est là un des aspects fort de la Trinité, Dieu est disponible parce que le Christ, l’Esprit nous sont présents dans la bienveillance du Père. Une question se pose alors, comment nous adressons-nous à Dieu comment l’appelons-nous ? Quel nom lui donnons-nous ?

Pour ma part, je dis « Seigneur » dans ma prière en sachant qu’ainsi, je me joins au Christ Jésus par l’Esprit qui anime mes pensées dans le Père. En pensant à Jésus, j’entre ainsi dans une relation qui me dépasse. Dans la confiance en Jésus, je me laisse porter au-delà de mes mots vers Celui qui sait mieux que moi. Je m’adresse au « Seigneur » en sachant qu’il a comme moi un visage d’homme que les apôtres ont connu. J’enclenche ainsi une relation rassurante et complexe, me laissant déborder par un Dieu qui toujours me dépasse.

P. Bernard Lochet

Vicaire général


La Pentecôte

 La Pentecôte

Si la Pentecôte marque la fin du temps Pascal, elle est surtout le début de l’Église. Jésus mort sur la croix et ressuscité, ne nous laisse pas seul, il nous envoie son Esprit pour agir et pour comprendre. L’effort des apôtres pour trouver le sens de la présence nouvelle du Christ est rendu possible par l’Esprit Saint. Ils acceptent de ne pas voir de leurs yeux celui qu’ils ont côtoyé et c’est dans le témoignage de ce qu’il leur a dit et montré qu’ils réalisent sa présence.

L’Esprit anime l’Église. Annoncer les merveilles de Dieu, dire la chance de connaître le Christ sont les sources de joie que l’Esprit soutient. C’est en l’invoquant au cours du rassemblement des croyants que le pain devient Corps du Christ comme le Seigneur nous a dit de le faire. Cette « mémoire de Lui » est toujours actuelle, c’est à dire que ce n’est pas un acte du souvenir, mais une réalisation de la présence de Jésus parmi nous, ici et maintenant.

L’Esprit agit dans l’instant, il nous donne de vivre le présent comme le temps de Dieu. Nous ne sommes pas invités à vivre en différé, mais présentement à la hauteur du don de Dieu. Connaître Jésus Christ, c’est tout. L’Esprit Saint est Celui qui nous offre de vivre cet essentiel.

Rester un peuple uni et ardent à faire le bien, c’est l’Esprit qui nous pousse à bien agir, pour le bonheur des hommes, pour lutter contre le mal qui abîme l’homme. Le rassemblement de l’Église ouverte à tous est un don de Dieu, cette unité nous ne la construisons pas, nous la recevons. Notre tâche est de ne pas la défaire, par des actes maladroits, des égoïsmes nous isolant de nos frères ou pire encore de devenir de petits dieux tournés vers nos propres joies en oubliant les autres.



L’Esprit de Dieu est un dynamisme qui nous pousse en avant, nous donne l’audace qui nous manque et surtout vient donner sens et cohésion. Il nous éloigne de l’individualisme attaché à nous séparer pour devenir la proie des objets et d’un confort illusoire. Le même esprit nous anime pour suivre Jésus. Nous ne faisons rien sans Dieu, si le Père est à l’origine, c’est bien le Christ qui, par l’Esprit, nous fait connaître. Plus que des savoirs, plus que le travail de l’intelligence, l’Esprit nous fait aimer.

L’incertitude et le provisoire nous troublent et nous dispersent. L’Esprit nous établit dans ce qui est solide, cet enracinement dans le fondement comble notre recherche de la vérité. Ainsi l’Esprit saint est bien le défenseur, celui qui nous fait garder les acquis de ce que nous découvrons. Le risque est toujours possible de perdre ce que nous avons reçu, il nous faut le défendre pour en vivre et avancer ainsi vers la lumière.

Aujourd’hui, nous avons plus que jamais à nous placer dans le souffle de Celui qui est par nature imprévisible. Les formes, les manières et les modes seront toujours transitoires. Il nous faut discerner et faire les choix nécessaires pour avancer dans le sens que le Seigneur indique. Le souffle de l’Esprit nous est un guide sûr pour cela.

L’Esprit a une autorité sous le joug de laquelle nous nous libérons de nos peurs et de nos isolements. Il est Celui qui nous rassemble pour former le Corps du Christ et que chacun de ses membres trouvent leur place.

L’Esprit est fort, par conséquent, il peut être violent parfois. Il faut abaisser devant lui nos puissances de résistance au bien. Cet Esprit de force doit orienter nos existences vers la seule chose qui vaille, servir nos frères, pour reconnaître en chacun le Christ lui-même.

C’est cela l’œuvre de l’Esprit !

Bernard Lochet

Vicaire général


Homélie du père Lochet du dimanche 16 mai 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 17, 11b-19)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.

Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »


Jésus prie le Père pour que nous soyons unis. Le Père et le Fils sont unis. Ils sont un ! Pour qu’à notre tour le Christ Jésus soit en nous. 

C’est pour être au Père que nous écoutons sa Parole ensemble, elle nous réunit, et nous communions au corps du Christ. Nourri de sa Parole et fortifiés par le pain devenu son corps, nous sommes le Peuple que Dieu conduit. 

Jésus regarde le ciel. Qu’est-ce que le Ciel ? Que veut dire que Dieu est au ciel ? Youri Gagarine, le premier homme à avoir voyagé dans l’espace, a dit qu’il n’avait pas vu Dieu dans le ciel, c’est normal, le seigneur n’est pas plus au ciel qu’ailleurs, au moins pas de cette manière, il est partout. 

Qu’est-ce que le ciel ? 

Le ciel est inatteignable, on ne peut pas le toucher, il est différent, ailleurs et au-delà.

Le ciel est hauteur, il est au-dessus de nous. Les anciens s’imaginaient une voute céleste à laquelle les étoiles étaient accrochées avec des trappes permettant à la pluie ou la neige de tomber sur terre.

Le ciel indique le jour et la nuit, le temps qui passe avec les astres de la nuit et la lune faisant pendant au soleil. 

Le ciel nous donne la lumière, nous permet de voir clair, de pouvoir contempler, travailler, colorer notre quotidien des couleurs des beautés de l’existence. 

Le ciel nous guide comme il guide les marins par les étoiles et l’horizon qui est cette limite attirante et fugace. 

Dans cette description du ciel nous avons aussi le portrait de Dieu. Il est différent et au-dessus de nous, au-delà du temps qui passe et nous donne la lumière. Il est celui qui nous guide et nous offre son horizon c’est le Seigneur qui réalise tout cela. 

Ces attributs de Dieu constituent à la fois ses capacités et son dépassement de tout ce qui le réduirait au confinement en un lieu. Le ciel se révèle ainsi figure du Christ auprès du Père image et lieu dynamique où il demeure.

Le pluriel est utilisé pour le ciel, on parle alors des cieux. C’est pour indiquer les différentes couches du ciel qui forment la demeure de Dieu. C’est ce que l’on proclame dans le Notre Père, il est aux cieux, c’est à dire dans sa demeure qui n’est pas une localisation mais le signe d’une présence qui nous dépasse. 

Au temps de Jésus on ne parle pas encore d’univers, mais du ciel et de la terre. Adam le premier homme dont le nom signifie terrien, glaiseux, marque bien la terre comme lieu de l’homme.

St Jean vient introduire entre ciel et terre le monde au sens du lieu des hommes, portant notamment les limites de ces derniers. Si Dieu nous donne et nous confie la création, nous l’organisons et c’est là où l’œuvre est imparfaite, marquée par nos limites et notre péché. Cet aspect de compromission, c’est cela le monde. Nous avons donc à être « dans le monde », sans être « du monde ».  Pour cela il faut nous garder du mauvais.  C’est dans l’unité au christ que nous nous retrouvons dans notre meilleur. 

Alors Jésus n’est pas seulement au ciel, mais nous avons recours à cette image pour sa beauté, sa distance, pour avoir conscience de la présence du Seigneur comme nous mettons une belle image ou un crucifix afin de nous rappeler qu’il est toujours avec nous.

Dieu n’est pas au ciel, il est avec nous, uni à nous, il est à rencontrer en chacun surtout dans le frère qui nous dérange. Unissons-nous toujours davantage à celui qui est avec nous et nous donne une seule loi, celle de nous regarder les uns les autres avec la volonté d’être unis ensemble et dans le Seigneur. 


Homélie du père Lochet du dimanche 9 mai 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »


Fallait-il commémorer Napoléon ? Oui, il fait partie de notre histoire. Faut-il approuver ce que Napoléon a fait ? Sûrement pas tout. Il y a en lui une part obscure, à la fois entraîné à la guerre et la recherchant. Aimant le peuple français et le maltraitant beaucoup. Il y a de l’ombre et de la lumière en lui comme en tout homme. Cette part sombre de l’homme nous l’appelons le péché. 

Reconnaître que nous sommes pécheurs pour ne pas accepter le mal et le combattre. Aucun homme n’est un héros au sens d’une perfection et si nous cherchons cet homme nous serons forcément déçus. Si nous attendons « tout » de qui que ce soit, nous faisons fausse route, seul Dieu peut sauver !

L’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle cette chose simple, Dieu aime Jésus et nous sommes appelés à aimer comme Dieu. « Demeurez dans mon amour » c’est à dire profitez-en, restez-y, ne cherchez pas ailleurs. Jésus nous rappelle que sa joie est en nous, il nous rend heureux, c’est son but.

La loi du Christ est simple : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », Jésus ne nous demande même pas de l’aimer, car si nous aimons notre prochain que nous voyons nous aimons le Christ que nous ne voyons pas. L’écoute et l’amour de l’autre sont chemins vers Dieu. 

Dire que l’on aime c’est bien, le prouver en acte, le vivre, c’est mieux ! Autrement dit, l’amour se vit plus qu’il ne se proclame et parfois ceux qui disent ne sont pas ceux qui font. L’amour se construit, il édifie et l’action permet d’aller au bout de ce que l’on énonce.

Dieu nous a aimé le premier. C’est lui qui nous a créé par amour. Être avec lui est source de joie, faire comme lui est source de bonheur. Prier et agir sont les deux piliers à partir desquels nous construisons notre relation au Seigneur et à tous. 

Nous avons donc toujours à mettre en œuvre la loi de l’amour du Christ qui seul nous libère. Nous atteignons ainsi le titre qu’il nous donne et la confiance qu’il nous offre, nous devenons ses amis. 


Homélie du père Lochet du dimanche 2 mai 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.

Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

L’arbre représente la famille, nous sommes tous issus de branches et de lignées précédentes. Un arbre c’est la vie, la croissance et la vigne, si elle est basse avec un bois dont on ne sait pas faire grand-chose, elle donne le vin cet aliment de l’antiquité et de la fête aujourd’hui. 

Jésus nous dit qu’il est la vigne et nous les sarments, c’est-à-dire qu’il est Celui qui nous communique sa vie, nous sommes en lui et il est en nous. C’est le sens de la communion, recevoir Celui qui nous fait vivre.

La vigne a besoin de soins, de taille notamment, tous les sarments ne portent pas de fruits. Jésus nous précise que le Père prend soin de la vigne, il est le vigneron et il enlève les sarments inutiles, il émonde.

Les fruits que nous portons quels sont-ils ? Ils sont liés, en partie, au travail. Par la fête de Saint Joseph nous honorons les travailleurs. Travailler ce n’est pas seulement faire quelque chose pour ne pas s’ennuyer ou gagner de l’argent parce qu’il faut bien vivre. C’est mettre en œuvre son intelligence, son savoir-faire, son habileté, ses mains et son cœur. Il n’y pas de travail bête, au contraire les tâches les plus ingrates sont souvent les plus nécessaires ! Travailler c’est participer au monde, pour qu’il vive, et nous avons besoin de l’effort de tous pour vivre harmonieusement. 

Travailler nous greffe à une chaîne humaine de dépendances, d’échanges, de rencontres, d’enrichissement et de dons qui animent et éclairent nos existences. Travailler donne un sens à la vie. Ne pas avoir de travail est une difficulté, mais par la vie associative et d‘autres services on peut être également participant du monde. C’est une des responsabilités importantes des gouvernants que de veiller à l’activité de tous. Avoir un métier que l’on aime ou des lieux d’investissements qui nous font développer nos capacités est une des plus belles choses qui soit. C’est le déploiement du don de Dieu qui nous a créé actif et cela honore notre ressemblance au créateur. 

Un sarment ne peut pas être seul, isolé. Tous nous avons besoin d’être greffé aux autres et au Christ pour porter de bons fruits. Ils sont des liens nourrissants entre nous et tissent des solidarités qui nous situent et cette complémentarité forme la vigne vivace et fructueuse. Si nous sommes les sarments liés au cep la question de notre liberté se pose. Sommes-nous vraiment libres ?

Être libre ce n’est pas seulement faire ce que l’on veut ou ce qui nous passe par la tête, cela c’est être capricieux. C’est d’abord grandir, s’épanouir et développer le meilleur de nous-mêmes. Croitre en compétences et en savoirs manuels ou intellectuels c’est devenir une personne qui peut faire face, rendre service, donner et recevoir : c’est cela être libre. 

En ce sens Jésus nous rend libre parce qu’il nous donne d’aimer. Dans la première lecture St Paul petit à petit se fait une place, il est reconnu comme apôtre, alors qu’avant il était ennemi de Jésus et de la foi. Jésus l’a greffé à sa vigne et il est heureux de connaître le Christ et d’être greffé à sa vigne pour témoigner de cette joie. 

Le lien au Christ nous fait plus frères les uns des autres. Le lien au Christ nous fait vivre de lui et avec lui. La présence à nos côtés du Seigneur nous fait déjà entrer dans la vie divine.

Alors que le Christ vive en nous en communion, qui vient de communauté. Pour être cette vigne, cet arbre que le Seigneur travaille, et offrir à notre tour le vin nouveau qui donne goût à chaque homme de vivre en fraternité. 


Homélie du père Lochet du dimanche 25 avril 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean» (Jn 10, 11-18)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Pourquoi le mal ? Pourquoi prendre et parfois même choisir la mauvaise direction ? Le Christ sera toujours la pierre méprisée de la construction et pourtant il est forcément la base de ce qui réussit. Il est le fondement de ce qui sera solide et demeurera. La pierre d’angle soutient l’ensemble. Finalement, on ne peut être sauvé que par le Seigneur, tout autre solution est illusoire. Nous avons le beau titre de « bien aimé ».

Pourtant, deux dangers nous guettent. D’abord celui des autres bergers ceux qui indiquent d’autres chemins, d’autres pâturages, malgré les aspects séduisants de leurs offres ils nous égarent. Leurs affirmations sont lisses, car ils nous disent : « c’est le progrès » ou encore « aujourd’hui, c’est comme ça » ou encore « aujourd’hui, tout le monde le fait » ou pire encore « on ne peut pas faire autrement, nous n’avons pas le choix, c’est la réalité ». Toutes ces sentences préfabriquées ne sont que des artifices pour nous empêcher de réfléchir et de mesurer ce qui est bon. Finalement, ce sont des masques pour nous distraire de l’essentiel. Or Jésus nous réunit et veut nous garder ensemble. Les voix de divisions sont néfastes et les oppositions, les raisons de ne pas se parler sont toutes mises en avant pour nous nuire et détruire l’unité que le Seigneur nous donne. Nous pouvons sombrer dans la division en écoutant les modes et surtout en ne gardant pas le recul nécessaire de la réflexion et de la liberté. 

Un moment de la vie des hommes illustre cela, c’est la fête. Elle est le lieu de l’unité par excellence, les barrières des différences disparaissent, il n’y a plus jeunes et vieux, riches et pauvres, appartenances diverses se fondent ensemble au profit de la joie dans l’unité. On appelle cela la fête populaire, celle où tous se retrouvent. Le seul but est la joie des participants et le bonheur « d’y être », d’ailleurs si quelqu’un est absent on ne manquera pas de lui dire : « il ne manquait que toi ! ». L’important, dans ce temps suspendu, de voir et d’être avec « tout le monde », nous donne déjà un avant-goût du ciel. 

Ceci définit la vie dans ce qu’elle a de meilleur, vivre c’est donner et recevoir. Cet échange est la base même de la vie, diastole et systole anime notre cœur dans cette double mission d’accueillir et de renvoyer, recevoir et donner. Le Seigneur, les autres, nous donnent et nous avons à accueillir, tout comme nous avons à partager à notre tour. Cet échange base de la vie, nous rend heureux et confère un sens à notre action.

En ce dimanche des vocations, la joie d’être prêtre, ma joie d’être prêtre, c’est de donner, bien peu, et de recevoir, beaucoup. La chance surtout de déployer mes capacités et de réaliser ainsi ma vie dans toutes ses dimensions. Alors, nous ne choisirons jamais la mauvaise direction, fidèle au Christ qui nous indique le chemin et qui toujours nous redit : « je suis avec vous jusqu’à la fin des temps » .


Homélie du père Lochet du dimanche 18 avril 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 24, 35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit :

« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit :

« Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit :

« Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »


Tous nous aimerions connaître l’avenir. Savoir ce que sera demain. Nous avons des échéances, les plus jeunes des projets d’avenir, des examens ou des étapes à réussir. Les plus âgés souhaitent garder la santé et accueillir la visite de ceux qu’ils attendent. Pour ma part j’aimerais moi aussi connaître mon avenir. 

Jésus semble nous dire que tout cela est écrit et s’accomplira. Un projet divin se déroule et les apôtres sont les témoins impuissants d’un itinéraire qui se déploie, les dépasse et auquel finalement ils ne comprennent pas grand-chose. 

Que signifie alors que tout est écrit et se déroulera suivant le plan de Dieu ? 

Non, chacun est bien libre, maître de ses choix. L’avenir nous appartient en grande partie et nous savons bien que nos décisions, les directions que nous prenons nous les regretterons parfois longuement quand elles ne sont pas bonnes ou au contraire nous nous en féliciterons quand elles sont plus heureuses. Déceptions et heureuses surprises alternent dans le destin de chacun. Dieu non seulement nous laisse libre, mais il n’intervient pas au sens d’un marionnettiste ou d’un manipulateur de liberté. Il nous laisse libre de nos choix et s’il nous éclaire, ce n’est jamais contre notre volonté. 

Deux demandes du Notre Père peuvent nous aider :

« Que ta volonté soit faite » non pas la nôtre, mais la Tienne, parce qu’elle est meilleure que la nôtre ! Mais nous ne la choisissons pas toujours.

« Que ton règne vienne » c’est-à-dire fais nous entrer pleinement dans ce bonheur promis, que nous l’espérions et le souhaitions vraiment. 

La foi nous tourne vers l’avenir, un avenir forcément heureux. Les apôtres nous donnent justement un éclairage intéressant, ils étaient dispersés et remplis de peurs. La mort de Jésus les laissait sans voix et sans espérance. Ils n’avaient rien compris aux Ecritures. Ils limitaient leur regard au visible. Jésus vient leur montrer par sa résurrection, par son triomphe sur la mort, qu’il faut regarder au-delà de la mort et du visible. 

Par-là, le Seigneur nous tire vers l’espérance d’un avenir meilleur parce qu’en sa présence, avec Lui.

La question se pose alors de notre avenir avec le Seigneur, avec lui et pour lui. 

J’aime à répéter que notre avenir, c’est Dieu. 

Si Dieu sait notre avenir, il ne nous livre pas à un programme préétabli, au contraire il nous laisse libre, parce qu’il nous aime vraiment. Alors laissons nous prendre par la liberté qu’il nous donne pour le choisir.

A nous d’être ses témoins, ses apôtres.


Homélie du père Lochet du dimanche 11 avril 2021

 Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.

Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit :

« La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.


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Cet évangile nous présente Thomas, celui dont le nom signifie jumeau. Le frère de Thomas, il n’en est pas question, qui est-il ?  L’évangile n’en parle pas. Le frère de Thomas, qui aimerait comme lui savoir, être sûr, vérifier, éprouver la présence de Jésus, c’est chacun de nous ! Comme Thomas, nous faisons l’expérience de Jésus présent dans sa parole, dans le pain devenu son corps et dans la communauté qui témoigne. 

Nous voyons les blessures de la croix marquant toujours Jésus, elles permettent de l’identifier de manière sûre. Les blessures demeurent, la vie laisse des traces qui nous constituent et la résurrection n’efface pas tout, nous restons nous-mêmes. Le crucifié est ressuscité, il en va de même pour nous. Si nos blessures cicatrisent, elles nous marquent toujours. L’événement est dépassé mais il reste une mémoire. 

« Mon Seigneur et mon Dieu ! » quelle belle reconnaissance, quel joli nom pour Jésus ! Tout est dit en ces quelques mots. C’est ce que dans notre tête et dans notre cœur nous pourrons répéter tout à l’heure lorsque l’hostie sera élevée et que nous contemplerons le Corps du Christ. 

Voir le Seigneur n’est pas qu’une question de regard, de reconnaissance physique, c’est d’abord une action. En ce dimanche de la miséricorde nous nous rappelons que la miséricorde n’est pas une idée, mais des choses à faire, comme le Christ nous l’a montré. Les œuvres de miséricorde sont de deux ordres : les œuvres corporelles et les spirituelles.

Les corporelles nous les connaissons bien :

Donner à manger, à boire, vêtir ceux qui en ont besoin, accueillir les étrangers, visiter les malades et les prisonniers et enfin ensevelir les morts. C’est la mise en œuvre de Mt 25 le fameux jugement final où le Seigneur nous rappelle que ces petits que nous pouvons parfois oublier, ce sont ses frères et en le faisant c’est à lui, Jésus, que nous l’avons fait. 

Pour les œuvres spirituelles, elles donnent les dispositions intérieures pour ces actions : conseiller ceux qui sont en doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter les personnes ennuyeuses et prier Dieu pour les vivants et les morts. 

Aujourd’hui deux doctrines effacent tout cela : la première est « nous ne pouvons pas parler ensemble parce que nous ne sommes pas du même avis ». C’est justement dans le débat que naît la pensée. Et sans confrontation, respectueuse, il n’y pas de progrès. La seconde est encore pire : « ceci ne nous regarde pas, c’est son problème ». Non l’autre m’intéresse et je veux l’aider, avec bienveillance évidemment, mais son sort m’intéresse car il est mon frère… mon jumeau. 


Homélie du père Lochet du dimanche de pâques 2021

 

Pâques 2021

 

On croit ce que l’on comprend. On croit ce qui a du sens pour nous. Les femmes pensent que Jésus a été déposé ailleurs, enlevé peut-être. Elles ont raison, c’est la déduction que nous ferions à leur place. Pierre court moins vite, il constate. Et c’est le plus jeune disciple, celui qui est arrivé le premier, qui comprend ou plus exactement qui croit.

Le Christ n’est plus dans le tombeau, il a rejoint nos routes, il est avec nous.

 La présence des linges qui liaient Jésus dans la mort sont devenus inutiles, nous quittons le domaine d’une enquête et de constats factuels pour croire. C’est une vérité qui s’impose à nous sans qu’il y ait d’autre preuve que celle du tombeau vide. Les apôtres le diront plus tard, il leur faudra du temps pour comprendre. La résurrection de Jésus nous offre trois enseignements :

D’abord, la vie gagne toujours, la mort a perdu la partie.

Ensuite, on se relève toujours, même si c’est différent de ce que l’on espérait.

Enfin, le Christ est toujours avec nous. Notre monde offre bien des avantages, il a aussi bien des lourdeurs. Il nous enferme dans le superficiel, met en avant le paraître, les performances de toutes sortes, on cherche le sens de tout cela. Une société de contacts et d’émotions marquée par le superficiel.

 La crise sanitaire vient nous poser des questions nouvelles, par l’éloignement et la distance, instaurant une peur de l’autre.

Le sens de nos choix devient plus important, nous avons donc davantage à aller vers l’essentiel. Ne parle-t-on pas de commerce essentiel…

 Plus que jamais nous avons à trier, discerner, trouver du fond. De cette manière, nous avons à choisir, à quoi donnons-nous du prix ? Qu’est ce qui compte vraiment pour  nous ?

Le chemin de l’apôtre est celui de la confiance en Dieu. Nous avons à chercher Dieu en toutes choses, il est avec nous.

Christ est ressuscité, Alléluia !

Il est vraiment ressuscité, Alléluia !

  


Homélie du père Lochet du dimanche 21 mars 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 20-33)

En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. »

Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : «L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis :si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ?

 – Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! »

Alors, du ciel vint une voix qui disait :

« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient :

« C’est un ange qui lui a parlé. »

Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »

Il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir.

 

 

Des étrangers veulent voir Jésus. Les apôtres facilitent la rencontre, mais plus que le voir ils l’écoutent. Jésus est d‘abord une Parole. Il leur dit qu’il va mourir pour porter du fruit. Ils veulent voir Jésus et il leur rappelle la nécessité du service, voir Jésus c’est d’abord réaliser des actes pour nos frères.

Cet épisode n’est pas sans rappeler la transfiguration où son visage devient lumineux, où il est élevé et où une voix céleste se fait entendre. Ici la sentence est courte : « Je l’ai glorifié, je le glorifierai encore ».

La gloire c’est le propre de Dieu, ceci atteste que Jésus est bien Dieu qui vient au milieu de nous. Glorifié par le Père et appelé à l’être encore par sa mort et sa résurrection. On reconnait Jésus à ce qu’il dit, à ce qu’il fait et à ce qu’il est. Il est le verbe et la gloire du Seigneur c’est la croix, le don de lui-même. Aimer c’est tout donner et se donner soi-même. C’est dans cet accomplissement, en allant au bout de sa mission que le Christ réalise ce qu’il est : le sauveur.

Il y a une ressemblance entre cet Evangile et l’agonie de Jésus à Gethsémani, Père sauve moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu !

On comprend l’hésitation devant l’importance du sacrifice. Ici Jésus rappelle la nécessité de la croix pour renaître, comme la graine semée en terre qui va donner une nouvelle plante. Ce passage par la terre pour entrer dans la vie éternelle. Pour chercher Jésus et surtout le trouver, ce n’est pas compliqué : il faut regarder du côté du service. Le projet de Jésus est simple : attirer tous les hommes à lui. C’est le sens des bras étendus de la croix.

Elevé sur la croix, il attire à lui tous les hommes.

Il y a donc dans cet Evangile le condensé de la transfiguration, de l’agonie à Gethsémani et de la croix. C’est à dire de la manifestation de la puissance du Christ dans la gloire de Dieu et de la vie plus forte que la mort, c’est cela l’heure de Jésus, au sens justement de la réalisation du salut. Jésus annonce mais personne ne comprend encore. Cette heure de Jésus renouvelle les choix que nous avons à faire. La croix a la forme de quatre routes, des points cardinaux de direction multiples où nous avons à choisir dans le sens de la Parole de Dieu.

Aujourd’hui, beaucoup de choses sont dites à propos de la maladie. Deux choses sont certaines : il y a des personnes malades et il faut lutter contre la maladie. C’est aussi une lutte contre le mal. Nous savons bien que les contraintes sanitaires sont lourdes pour tout le monde et elles ont nécessaires.

Nous attendons une libération, le Seigneur vient élargir nos regards. Aller du côté de la vie éternelle c’est se rappeler que notre horizon est toujours au-delà de ce que nous voyons et faisons ici et maintenant. L’avenir de Jésus sur terre c’était la croix comme point de départ du salut des hommes. Cette maladie est un moment où nous pouvons aussi prendre le temps du recul, mesurer ce qui est essentiel, ce dont nous avons besoin réellement.

La croix est aussi dans la vie de chacun de nous et nous savons bien que nous avons chacun les nôtres. Aujourd’hui on veut nous faire croire que tout est possible si on le veut. Or, non tout n’est pas possible, il restera toujours une part inaccessible immédiatement. C’est cela que la croix nous rappelle. La foi nous transfigure, la croix nous donne de choisir et le Seigneur nous accompagne pour ne pas avoir peur de faire sa volonté. En Jésus nous savons que nous sommes appelés, nous aussi, à la gloire de Dieu qui nous dépasse et rend nos inquiétudes relatives.

Homélie du père Lochet du dimanche 14 mars 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 14-21)


En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

 

 

Aujourd’hui St Jean nous donne le sens de la croix. Il nous montre la lumière en nous guidant vers les œuvres bonnes pour nous donner la vie éternelle.

 

Tout d’abord Jésus rappelle l’histoire de Moïse. Le peuple subissait les morsures mortelles des serpents. Il faut comprendre ici les morsures du serpent tentateur, celles du mal qui tue, ce sont ici les blessures de nos péchés qui nous empêchent de vivre. Dieu fait faire à Moïse un serpent d’airain porté au bout d’un mat qui n’est pas sans rappeler les caducées des pharmaciens et des médecins, cette croix de forme originale est un lointain rappel de cet épisode de guérison.

 

En levant les yeux vers ce serpent de bronze, on est sauvé. Vous le comprenez, regarder le crucifix, lever les yeux vers lui nous guérit. Quand nous le regardons que voyons-nous ? Nous voyons le Seigneur qui nous tend les bras et nous redit : « N’ayez pas peur ! ».

 

Le pape St Jean XXIII, lors de sa longue agonie, reçoit la visite d’un cardinal. Le pape le remercie et lui demande de se décaler sur le côté, car il lui cache la croix. Regarder le crucifix nous aide à croire par les bras étendus du Seigneur qui nous accueille toujours.

 

Le but de la croix, le but de Jésus, est de nous faire entrer dans sa vie et non dans le dépérissement, élever notre existence vers lui de manière définitive dans la vie éternelle.

 

Dans cet évangile nous retrouvons une expression favorite de Jean « le monde », souvent le sens du mot est négatif chez l’auteur. Communément il signifie : l’humanité qui ne connaît pas Dieu, elle est en souffrance et ne trouve pas la route qui conduit au déploiement complet de la personne. La vie éternelle ne veut pas dire du temps qui ne finit pas ou qui s’additionne, cela serait terriblement ennuyeux, mais une rencontre de Dieu et des autres que l’on veut sans fin parce que l’on y est bien. Nous avons tous connu ces moments ou l’on voudrait que la montre s’arrête, où ça passe trop vite. Ceci nous donne une idée imagée et lointaine de la vie éternelle dans ces rencontres hors du temps.

 

Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger les hommes, mais pour les sauver. Jésus est un sauveur, non un juge. Dans la première lecture nous voyons le roi Cyrus libérer le peuple et lui permettre le retour à Jérusalem. Les juifs avaient perdu la guerre contre la puissante Babylone (l’Irak actuelle) et avaient été amenés en servitude loin du Temple, loin de Dieu et de la Terre promise. Ils retrouvent tout cela grâce à ce roi libérateur, Cyrus. Dieu veut d’abord nous rendre heureux et libre !

 

Pour cela il faut accueillir la lumière de Dieu, il est lumière et le mal est ténèbres. Les hommes préfèrent la nuit nous rappelle saint Jean, car le plein jour peut faire peur, il éblouit. Pourtant nous avons tellement besoin de voir clair. La vérité nous rendra libre nous dit St Jean, elle est le fruit de la flamme et elle nous sauve. Alors la croix en Carême, il faut la chercher, la contempler pour entendre ce que Dieu nous dit. Il faut lever les yeux de notre quotidien et prendre de la hauteur pour avoir le recul nécessaire afin d’entrer dans le soleil du Christ.

 

Dieu est riche en miséricorde comme le rappelle saint Paul dans la deuxième lecture. Le calvaire est patience et Jésus est présence apaisante, source de lumière et de guérison. Alors profitons de la chance du pardon de Dieu qui soulage toutes nos croix.

 

Homélie du père Lochet du dimanche 7 mars 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 2, 13-25)

 

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :

« Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

 

 

L’évangile d’aujourd’hui peut choquer, il nous marque, c’est un épisode fort, violent. Jésus pose un acte décisif. Il fait un fouet, c’est d’ailleurs le seul emploi du mot dans tout l’évangile. Il chasse, renverse et disperse du Temple les animaux des sacrifices et leurs vendeurs, les changeurs et leurs monnaies fussent-elles celles du culte. Car ces bêtes servaient aux sacrifices du sanctuaire.

 

Rappelez-vous la présentation de Jésus au temple : Joseph et Marie offrent un couple de tourterelles probablement acheté au même endroit. Mais l’ancien culte est devenu inutile. Le Temple lui-même, où les juifs de toutes les contrées se rendent en pèlerinage trois fois par an, n’a plus lieu d’être. Ce lieu unique de rencontre de Dieu et des hommes, d’une part il faut le rendre à la prière, et d’autre part ce n’est plus celui qui compte. 

Jésus se situe ici comme l’envoyé du Père, d’un Dieu qui est présenté dans les dix commandements de la première lecture comme jaloux. Jésus purifie le Temple pour que nous mettions en avant l’intérieur. Les pratiques extérieures ne sont valables que si cela commence par le cœur de chacun. Cette purification du Temple est celle qu’il faut accomplir en chacun de nous. En nous-mêmes garder l’essentiel et nous libérer de ce qui nous encombre. 

Jésus accompagne son geste d’une parole tout aussi claire : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce », c’est à dire le commerce vous pouvez en faire, c’est même nécessaire, mais pas ici. 

Les juifs demandent des signes, des preuves, qu’est-ce qui te permet de faire cela et de nous donner la leçon. Une fois de plus Jésus et ses contradicteurs ne parlent pas de la même chose. Les uns parlent de pierres et de bâtiments tandis que Jésus parle de sa résurrection. Au moment où St Jean écrit son évangile le Temple de Jérusalem a été détruit. C’est, après la ruine du premier construit par Salomon, le second anéantissement de ce qui ne peut plus être l’endroit exclusif de la rencontre du Seigneur. C’est dans la mort et la résurrection de Jésus, du pain offert devenu son corps, que le Christ est présent. C’est dans la Parole partagée que le Christ est présent. 

La victoire du Seigneur qui n’est plus dans le tombeau trois jours après nous donne de comprendre que son corps c’est l’Eglise, c’est à dire nous tous. Nous sommes le Temple du Seigneur, nous sommes son Corps et c’est pour cela que le corps de chacun est sacré. Ceci explique les devoirs que nous avons envers le Temple de notre corps qui est don de Dieu à respecter et entretenir. 

Jésus se lève et se relève, il nous relève, il nous appartient ainsi de retrouver les actes de Dieu dans notre souvenir. Saint Paul nous rappelle opportunément que le Messie crucifié est folie et scandale pour les hommes. Croire en un Dieu crucifié c’est accueillir tous les drames de l’existence comme un chemin vers Dieu, même si sur le moment nous ne le percevons pas. C’est surtout ne jamais céder au désespoir. 

Alors purifions notre intérieur, laissons-nous pardonner par le Christ, qui, plus que les pierres, purifie d’abord le cœur de chacun pour nous rendre plus capables d’accueillir nos frères et de Le servir.

 

 

Homélie du père Lochet du dimanche 28 février 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc Mc 9, 2-10

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.

Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »

Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

 

 

L’Evangile nous raconte la vie de Jésus avec sobriété. Les détails sont peu nombreux. On nous rapporte les paroles de Jésus, ce qu’il dit, mais on ne sait pas s‘il est petit ou grand, barbu ou non, rien de son apparence ne nous est dit, tout cela n’a pas d’importance. Il a le physique des hommes et seul compte ce qu’il dit, ce qu’il fait, ce qu’il est.

Justement qui est-il ?  En ce temps de Carême la question se pose encore : qui est Jésus ?

Dans cet évangile, pour la seule fois, Jésus est présenté de manière extraordinaire, il est « en Dieu ». La couleur de Dieu c’est le blanc. Or le blanc c’est toutes les couleurs, autrement dit la lumière qui éblouit et absorbe toutes les couleurs. St Marc nous parle d’une blancheur impossible à obtenir sur terre. Cette lumière vient faire pendant à la nuit de la croix, le sombre du Golgotha qui est aussi une montagne vient faire pendant à celle-ci.

La montagne c’est le lieu de la rencontre céleste, l’élévation de l’Horeb où Moïse reçoit les tables de la loi et l’échange avec Dieu. Ici, Jésus est en gloire, illuminé avec Moïse et Elie qui représentent la continuité de la loi et des prophètes, le Christ est ainsi l’aboutissement de tout ce qui précède.

Pierre, jacques et Jean sont les apôtres du premier cercle, les plus proches de Jésus. Ils sont un peu comme nos délégués, ils voient pour nous. En plus de leur contemplation de jésus en majesté, ils entendent de la nuée, la voix du Père : « Celui-ci est mon fils bienaimé, écoutez-le ».

La nuée est signe de la présence de Dieu, elle vient rappeler l’origine des paroles entendues qui rappellent l’origine du Fils et son autorité, il faut l’écouter.

Il est la Parole qui dot le chemin. Puis, comme tout beau moment, ça s’arrête, il faut redescendre, retourner au quotidien. Tout beau moment a une fin, c’est une nécessité qu’après un épisode exceptionnel nous redescendions dans le cours du quotidien.

Les apôtres comprendront plus tard, après la croix. Si Jésus se manifeste dans sa splendeur, c’est pour nous aider à comprendre l’ampleur du sacrifice de la croix qui est un don de la vie vers la lumière.

Si Moïse et Elie ont cette familiarité et partage la lumière avec Jésus c’est pour qu’un jour, nous aussi, nous goûtions cette intimité. En ce sens nous sommes tous appelés à être transfigurés.

Pour entrer dans cette grandeur de Dieu il nous faut, à notre tour, monter avec lui sur la colline. Ecouter est le plus sûr chemin. Ecouter le Christ dans sa parole, dans le silence de notre prière et dans toutes les paroles qui  nous sont dites. Entrer dans la lumière du Seigneur c’est recevoir le message de Dieu et faire la vérité. Cela nous conduit tout naturellement à dire, à confesser nos obscurités et tout ce qui nous retient, pour entrer dans la lumière. Recevoir le sacrement du pardon nous réchauffe de la lumière même de Dieu. Nous pouvons connaître Jésus de plus en plus, le Dieu envoyé du Père qui vient dans l’Esprit Saint nous libérer.

 

Homélie du père Lochet du dimanche 21 février 2020

 

1° dimanche de carême 21 février 2021

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 12-15)

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

 

 

Le Baptême marque le début de la mission pour Jésus, il a choisi d’être baptisé et sa prédication itinérante démarre. Son exemple nous indique la route : par le Baptême nous entrons dans la vie divine. Nous pouvons, à notre tour, témoigner des merveilles de Dieu et raconter à tous ce que nous vivons dans le Seigneur.

L’Evangile nous dit que sitôt baptisé, il est tenté. Est-ce à dire que s’il n’avait pas été baptisé, il n’aurait pas été tenté ? Peut-être que le Baptême nous aide à percevoir la distance avec le Seigneur et les hommes. Le Baptême nous donne la lucidité, il vient nous éclairer pour mieux comprendre où nous en sommes et lutter ainsi efficacement contre le mal. C’est en ce sens-là que le Baptême change notre vie et la rapproche de Dieu.

L’Esprit Saint pousse Jésus au désert, c’est à dire qu’il le protège des tentations dans ce lieu où il n’y a rien. Si les évangiles de Luc et de Matthieu développent les tentations, St Marc ne nous dit rien de précis sur elles. Quelles sont-elles ?

D’abord la peur et le manque de confiance en Dieu, mais aussi en les autres et par conséquent en nous-même. Ceci peut nous conduire à une forme de renoncement : « à quoi bon ! ». La tristesse, le goût à rien peuvent ainsi nous acheminer vers l’acédie qui est justement ce goût à rien, cette perte d’intérêt. Le carême est un temps dynamique qui nous pousse vers le Seigneur, vers les autres et nous conduit à l’envie de la rencontre et au déploiement de nous-même vers les autres.

Parallèlement une autre tentation nous guette, c’est l’envie. On veut plus, ou comme le voisin. Une auto plus grande ou n’importe quel objet qui est sensé nous rendre plus heureux. Finalement que ce soit la peur ou l’envie nous sommes ainsi enfermés sur nous-mêmes. Ceci nous conduit à l’insatisfaction.

Enfin les anges servent Jésus dans le désert, cela veut dire qu’il n’est pas abandonné et il va trouver sa joie dans l’annonce de la Bonne nouvelle. Cette annonce de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle, c’est la proximité du règne, c’est à dire que Jésus est avec nous, il est proche. Il est avec nous dans notre Baptême, dans nos soucis, sur nos croix, dans notre mort même, il est toujours à nos côtés.

Ce Carême c’est le moment de nous tourner vers lui, de revenir à lui, de lui parler dans la prière, de le retrouver dans le visage de nos frères. L’Evangile d’aujourd’hui se termine par : « convertissez-vous et croyez-en l’Evangile ». Ce sont les mots de l’imposition des cendres, pour découvrir à quel point Dieu est proche.

Cette proximité de Dieu est celle que Noé a découvert dans l’arche préservée du déluge, Dieu le sauve. C’est le moment où Dieu découvre, aussi, qu’il ne peut plus punir tout son peuple. A travers Noé c’est chacun de nous qui entre dans la voie de la préférence divine, chacun de nous est le préféré de Dieu.

Ce choix de Dieu pour chacun de nous, est celui de notre baptême, Noé est, en quelque sorte, sorti des eaux.

Par notre Baptême nous sommes entrés dans cette vie divine, laissons le Seigneur nous aider à renoncer aux tentations pour nous approcher toujours plus de lui et de nos frères.

Homélie du père Lochet du dimanche 24 janvier 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 14-20)

 

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

 

 En ce dimanche de la Parole, nous avons du mal à croire que le règne de Dieu est là. Tant de choses nous en éloignent, tant de préoccupations nous font poser questions, mais que fais-tu Seigneur pour nous débarrasser de cette maladie qui nous enferme ? En même temps, nous n’avons pas faim, nous ne sommes pas très malheureux, en comparaison avec d’autres peuples, mais nous ne pouvons plus faire comme d’habitude et surtout nous sommes privés de l’essentiel, de la rencontre des autres.

Depuis lundi, vous le savez, c’est la semaine de l’unité des chrétiens, c’est-à-dire de ceux qui croient au Christ. Autrement dit, l’œcuménisme. Il s’agit des rapprochements des orthodoxes, des protestants réformés et des catholiques romains. Le mot « œcuméné » signifie toute la terre, c’est une idée de l’universel. Les conciles sont œcuméniques quand ils regroupent tous les évêques du monde. La question se pose alors : où en sommes-nous aujourd’hui ?

Avec les orthodoxes depuis saint Jean XXIII et Saint Paul VI nous avons beaucoup avancé au sens où il n’y a plus de grandes différences doctrinales que du côté catholique nous pouvons recevoir la communion dans les églises d’orient. Il reste une différence de sensibilités et de cultures entre l’Occident et Constantinople. On constate aussi une orthodoxie très divisée avec un patriarcat de Moscou très autonome et une constellation de petits patriarcats formant une mosaïque souvent liée aux états.

Avec les protestants, notamment l’Eglise Protestante Unie de France (EPUF), les différences théologiques sont réduites. Nous ne pouvons pas nous accueillir à la table du Seigneur, mais nous pouvons prier et lire la bible ensemble. Les questions de l’autorité et des ministères sont au cœur des difficultés. Il ne faut pas oublier dans le tableau les communautés évangéliques souvent dynamiques et actives. Elles sont marquées par un souci biblique facilement qualifié de fondamentaliste avec une tendance créationniste et un rigorisme venu de la culture nord-américaine.

S’il est illusoire de croire que tous s’uniront un jour autour du Pape, nous constatons :

1/ Que l’on est, en France, capable de se parler, de s’accueillir et de prier ensemble, de partager la Parole ensemble.

2/ De nous enrichir de nos cultures respectives.

Et puis, quand on parle d’œcuménisme aujourd’hui, on pense à l’inter-religieux, c’est à dire à nos frères juifs et musulmans. C’est un autre dialogue, il y a quelque chose de passionnant à se retrouver avec d’autres croyants, cela renforce la joie de croire au Christ ressuscité. Vu de ma modeste expérience, plus on se connaît, plus la connaissance de la tradition de l’autre nous fait apprécier la nôtre. N’ayons pas peur d’être différent ! Soyons vrais et forts dans la chance de croire au Christ ressuscité.

Si en Orient on appelle chrétien tous ceux qui croient au Christ quelle que soit leur tradition, la confrontation aux autres religions oblige à savoir ce à quoi l’on croit. Plus que jamais nous avons à annoncer le royaume à l’appel de Jésus qui nous redit sans cesse que le règne de Dieu est tout proche.

Convertissez-vous et croyez à l’Evangile !

C’est-à-dire : tournez-vous vers le Seigneur.

Alors, comme les apôtres, laissons nos préoccupations et nos questions sans réponse et suivons le Christ avec confiance.

 

 

 

Homélie du père Lochet du dimanche 17 janvier 2021

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 1, 35-42

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

 

Que cherchez-vous ?

Que cherchons-nous ?  Le bonheur !

Nous voulons tous être heureux. Les disciples de Jean-Baptiste suivent ses indications qui leur présente l’agneau de Dieu, ils vont à la suite de Jésus. Ils veulent voir où habite le nouveau prophète, ils souhaitent découvrir qui il est, Jésus les a invités à le faire. Les apôtres sont des chercheurs qui répondent à l’invitation du Seigneur. Jésus ne leur assène pas un discours, il crée une relation, il les invite à le connaître.

Et nous qui cherchons-nous ? Qu’est ce qui nous préoccupe ?

Tous, nous sommes appelés comme le jeune Samuel à nous lever pour dire : « parle, ton serviteur écoute ». Toutefois, nous n’avons pas Elie sous la main pour nous donner la conduite à suivre, nous n’avons pas, non plus, Jean-Baptiste pour nous encourager à marcher derrière Jésus. Mais nous connaissons suffisamment le Christ pour savoir ce qu’il veut, le bien, la relation vraie, un rapport fraternel entre nous. Ces liens des enfants du même père nous avons à les cultiver et à les approfondir.

Nous cherchons à être heureux, le bonheur ne sera jamais solitaire et égoïste, il est à construire ensemble et à recevoir de Dieu.  C’est une volonté d’édifier ensemble, c’est le chantier de l’Eglise depuis le commencement. Les apôtres sont les premiers à s’attacher à ces mots nouveaux de fraternité, d’ouverture et de communion.

Notre Baptême nous donne ainsi une place au festin des noces de l’agneau. Dès maintenant, nous avons une part à prendre et un environnement à construire. Cela se réalise en cherchant Jésus, en scrutant sa trace dans l’action de nos frères et par les choix que nous faisons. Pour connaître, pour choisir, l’évangile de St Jean nous propose une manière simple : « aller et voir ». Il faut se déplacer, c’est à dire aller à la rencontre de celui que l’on veut connaître, puis regarder et écouter. S’intéresser à ce qui se fait pour créer des liens nouveaux ne nous dispense pas des attachements antérieurs, Jésus nous montre qu’ils se complètent.

Les disciples de Jean-Baptiste deviennent ceux de Jésus, une continuité dont le Baptiste est l’auteur parce qu’il sait qui est Jésus. Il reconnaît celui qu’il annonce, il a préparé sa venue, il est temps pour lui de laisser la place. C’est un passage de témoin. Faire connaître Jésus et indiquer comment le suivre est au cœur de la vie chrétienne. Il faut toujours laisser la place pour que d’autres trouvent la leur. C’est une règle humaine de s’effacer et de se réjouir de ceux qui grandissent. Ne dit-on pas souvent : il n’a pas laissé la place, il n’a pas su partir….

Dans la crise sanitaire actuelle nous pouvons avoir toutes les idées et toutes les opinions du monde, ce qui est sûr : c’est qu’il y a des personnes malades. C’est un devoir humain de toujours protéger les plus faibles. Devant une maladie aux causes multiples, sauver nos frères passe avant toutes choses. La lutte commence par se protéger pour protéger les autres. Notre devoir de frères passe avant tout le reste.

Alors oui le bonheur est possible si nous apprécions les liens que le Seigneur nous invite à tisser entre nous. Vivre en fils et filles de Dieu est une chance qui nous fait approfondir la connaissance du Seigneur ! Que Dieu vous bénisse.